© Gaëlle Méchaly 2025
Track 1. Vaguement 4:44
Dilettant état,
transporter, je me laisse
dériver,
déporter sur la grève
vaguement isolée,
volupté
derrière le calque vacillant
Hypnotique état
dans le flou, je m’élève
glisser,
volutes envoûtées
vaguement ondulées,
goûter,
nonchalamment éveillée
Ah !
Un second état,
ballotter, je me laisse
apnée,
effleurée, la caresse
dans le creux de l’épaule
m’imprégner,
l’odeur du figuier,
monter
Dilettant état,
échouer, je me laisse
dériver,
vaguement submergée
de beauté,
Mmm…
volupté,
m’enrouler

Une ode à la mer et ses mouvements portée par un crescendo de voix et d’orchestre à l’apothéose douce. Ce morceau définit l’identité sonore de l’album, le piano comme conducteur de la chanson. En fusionnant mes arrangements de cordes et mes vocalises, Martin au synthé modulaire a apporté cette touche électro qui résonnait dans mon esprit lorsque je composais l’album, sculptant une matière sonore organique. Ses textures renvoient au pouvoir hypnotisant de la mer et donnent à la chanson son relief.


Les films de Claude Sautet ont marqué une époque, avec la couleur particulière de la pellicule un peu délavée, cette façon délicate et précieuse de s’exprimer, l’élégance de ses acteurs…
Les photos instantanés de nos albums de famille m’ont toujours fait penser à ces films : Les choses de la vie, César et Rosalie, le visage magnifique de Romy Schneider…
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Pour ce titre, je voulais plonger immédiatement dans l’atmosphère stylisée des années 70. Martin m’a proposé d’intégrer son vieux synthétiseur Korg à mes orchestrations, insufflant une texture sonore patinée, presque révolue, empreinte d’une douce mélancolie.
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Cette chanson est à la fois un hommage à ma maman, décédée brutalement lors d’un voyage en Italie, et à ce cinéma qui a marqué une génération.
Réminiscence, éloge de l’absence
Qu’en est-il de ce temps où tout était été?
À contresens, vieux clichés, auréole,
fragmenté d’un passé qui s’est tu
Elle rendait beau tout autour d’elle,
Chaque objet un peu parlait d’elle
Elle s’immergeait,
Souvent bullait seule en silence,
Le temps,
le détail, la patience,
S’arrêtait
Et sa discrétion légendaire
Sa présence sans en avoir l’air
Sa beauté
Sa force, sa détermination
La passion, son inspiration
Résonne en moi
Comme Dans un film de Claude Sautet s’illuminent les visages,personnages,
de nos chers tant aimés
Réminiscence ton absence me démence et me laisse,
ah mère, tu me manques !
Sa mélancolie inspirée
Son regard critique assumé
Nous portait,
Et puis l’odeur de ses cheveux
La chaleur du coin merveilleux
M’apaisait
Repris sur le tard ses études Venise, voyageurs, sa peinture
M’impressionnais,
Moi je l’épiais du coin de l’œil,
M’essayant d’approcher sans heurt
Sa perfection
(Réminiscence)
me laisse triste ton absence
Cette page, ce silence l'avons-nous bien tourné ?
Comme dans un film de Claude Sautet
S’illuminent ces visages,
êtres chers tant aimés
Vous nous manquez
Bien, reposez
Dans mes pensées toujours serez
Vous nous manquez
Bien, reposez
Dans mes pensées toujours serez

Track 7. Final - Cataclysme 2.57
Elle l’approche et il défaille,
sous ses pieds, le sol s’est dérobé
dans l’éternité,dans l’éternité
insondable
ému trop aigu, ému trop aigu,
désirable.
Mm…
parapampampam
Il l’appelle et elle chancelle
étourdissement, dépaysé
le bourdonnement, le bourdonnement,
il décèle
escapade impromptu
décollage imprévu
irréel
Quand ils se sont rencontrés
Tout autour d’eux
Tout,
Tout sembla s’arrêter
Il, elle
sourient
à leurs corps défendant,
Là ils se sont rendus
pour la vie....
Mm…
parapampampam
Il l’approches et elle défaille
Paroxysmique émotivité
Emu trop aigu, ému trop aigu
ils plongent dans la faille
bonheur imprévu, amour absolu,
ineffable.....
Emu trop aigu, ému trop aigu
désirable
bonheur imprévu, amour absolu,
vulnérable....
Mm…
parapampampam ...

Le coup de foudre ! cet événement imprévisible qui prend les tripes et vous fait défaillir quand vous croisez le regard de l’autre. C’est cet état étrange et soudain que j'ai voulu décrire dans cette chanson et ainsi terminer l’album par un “final” explosif en “ tout est bien qui finit bien…” Un feu d’artifice d’énergie et de voix mêlées aux couleurs façon Lego flashy. Mes arrangements et orchestrations sont inspirés par les génériques des séries télés des années 70 si reconnaissables comme Drôles de dames, ou La Croisière s’amuse qui marquaient « les samedis après-midi-télé ». J’ai enregistré toutes les voix. Les wawa-chœurs sont entre pastiche et hommage. De son côté, Martin s’est éclaté à la basse et aux percussions festives tandis que je m'aventurais dans la samba côté piano JOIE :)
Track 8. Au secret 3.15

Ici rien n’est souci qui ne s’épuise…
Dans cet endroit à soi, pour soi (comme le dit si bien Virginia Woolf) on se sent bien, aligné, en osmose avec ce qui nous entoure…en paix.
Je souhaitais cette chanson en acoustique, quelques mots que l’on murmure à l’oreille de son amoureux, la voix et le piano intimement reliés, “l’ocean drum” pour marquer l’atmosphère et quelques notes de basse pour donner de la profondeur au moment.
Un endroit aux bords de l’eau
suspenduoù tout est beau
Une île, trésor caché,
seuls au monde
Une parcelle, une inconnue,
un repli, un coin perdu,
à l’abri des regards,
seul au monde
Ici tout se guérit, tout se dévoile,
sans heurt, fausse pudeur, sans vague à l’âme,
Ici tout est permis tout est complice
Ici rien n’est souci qui ne s’épuise
Un endroit laisser-aller
où personne n’est jugé,
un coin simple, serein sur la sphère
Une coquille, un coussin bleu,
un carré miraculeux,
Jardin pas cultivé mais prospère
Un coin désordonné où tout prends place,un écrin policé où l’on se prélasse,
Réserve protégée loin des querelles,
Un coin pas coutumier, échappée belle
Tous les deux aux bords de l’eau,
rejoins-moi où tout est beau,
une île …loin du monde
Dans ce coin pas superflu
un repli pour âme perdue,
Tous les deux au secret,
Seuls au monde
Loin du monde

Track 3. Une danse 4.38
Je vous inviterai à danser,
Mes yeux ne pourront plus vous cacher
Le désir suscité, Le trouble de ma pensée
Mes mains posées autour de votre cou,
Nous balancerons au rythme doux,
Profitant de l'intimité,
Enfin je m'épancherai.
Ah…
Plus près de vous, toujours je serai,
Dans cette alcôve instantanée,
De ce parfum exhalé,
Confusément je m'imbiberai.
Dans la pénombre, je vous embrasserai,
Du bout des doigts je m'approprierai,
La bouche si prisée, le visage convoité
Ah…
Je vous inviterai à danser,
Mes yeux vous auront tout révélé,
Le désir suscité,
L'agitation de ma pensée
Une Danse
Une danse où les percussions frottées et les violons orientaux murmurent l’indicible : l’éveil des sens, les frissons d’une rencontre. Une trame au piano dessine le chemin des sensations, entre regard et mouvement, dans l’alcôve d’un dancing baigné d’une lumière méditerranéenne (faisant écho à mes origines et sa musique lumineuse qui a bercé mon enfance). L’univers se veut plus acoustique, les vocalises envoûtantes se déploient en volutes captivantes, tandis que le velours des cordes crée un climat d’intense chaleur et de sensualité.
S’asseoir,
s’asseoir un court instant
ouvrir,
ouvrir les pavillons
écouter,
et écouter le temps
murmurer,
le murmure des vents
Ecouter,
écouter le silence,
furtivement,
furtif dans l'immense
regarder,
regarder les images
s’esquisser,
s'estomper les nuages
Imprégner de senteur
balancer haut les coeurs
se gonfler de douceur
tanguer dans la lenteur
S’arrêter,
s’asseoir un court instant
oublier,
oublier le présent
invisible n’être plus que poussière
balayer,
disperser dans les airs
fuguer partir sans laisser trace
statique la tête dans l’espace,
se diluer, filer l’instant,
L’instant
Sublime,
fragile isolement,
dérobé,
épargné le moment,
disparue fondue sans laisser trace
détachée,
dissolue dans l’espace
détachée, dissolue dans l’espace

Un Moment
Un temps suspendu pour contempler, ausculter son état d’être, s’imprégner des éléments, juste être. Un besoin instinctif d’être à son propre diapason.
Un solo de piano au son légèrement passé, comme une vieille cassette audio oubliée sur la plage arrière d’une voiture, s’entrelace avec le son du défilement de la bande. Une texture cotonneuse habite l’espace, où passé et présent se fondent dans une impression diffuse et irréelle. Le décor installé, le scénario se développe à son rythme, invitant à l’introspection.
Y’a 2 Façons
La chanson interroge les choix ou non-choix auxquels nous faisons face, et leurs répercussions sur l’autre, sur l’humanité, sur nous-mêmes. Prendre parti ou rester neutre ? Se soucier de l’autre, jusqu’où va notre éthique ? Qu’est-on prêt à accepter ? Qu’est-on prêt à accepter pour éviter d’agir, pour détourner le regard ?
Une orchestration brute, portée par des synthés glacés comme des lames, un piano flirtant entre tango et jazz, une section de cuivres inspiré de Lalo Schifrin, grand maître de la musique de film des années 60. C’est dans ce contexte abrasif, poil à gratter, que j’ai voulu inscrire ce titre.
Y’a 2 façons d’envisager
y’a le mauvais le bon côté
y’a 2 façons de voir en face
y’en a un de se voiler la face
y’a des moyens de se déployer
de faire du bien de dispenser
Répandre
Y’a des façons de traverser
se faufiler en imposer
y’a des manières d’y arriver
sincère ou bien intéressé
y’a des moyens de prendre place
sans bousculer sans messe basse
Comprendre
Tous bien barricadés
dans nos domaines murés
position balisée
tenir cap obligé
interstices bouchés
qui donc peut s’échapper
du bien pensant codé
qui donc peut s’échapper
Y’a des moyens de se confronter
polémiquer ou dialoguer
y’a des façons d’y parvenir
pour certain la veste retournée
y’a le moyen de tout quitter
décoller, fuir, abandonner
Suspendre
Toujours moyen de s’enfermer
de suffoquer désespérer,
y’a cent façons de broyer du noir
sans jamais voir lueur d’espoir
y’a des moyens de débrayer
décourager se camoufler
Se fondre
Toujours moyen d’ fermer les yeux
sans contester silencieux
toujours moyen d’ contribuer
dénoncer ou collaborer
y’a des façons de disparaître
fiché, listé tout cadenasser
Fin du monde
Y’a 2 moyens d’envisager,
y’a le mauvais le bon côté
y’a 2 façons de voir en face
y’en a un de se voiler la face
y’a des moyens de se déployer
de faire du bien de dispenser
Répandre.....
Un soir comme les autres,
Elle était là mais faisait semblant,
appuyée dans son ombre,
Elle lisait du Maupassant
Flocon de lune, poussière
elle s’envolait
Creux d’une branche d’étoile
elle fourmillait,
Filante mousseline vagabondait
Berce-moi
Dans un coussin de brume
S’allanguissait
L'indolence bleutée
l’étourdissait
Effleurée par la brise
jardin secret
Air en moi
Voiles blanches comme des ailes d’oiseaux
Endormie au bercement des flots
Bois de rose étincelles brillées
Envole-moi à l'abri…
des courants glacés
N’éteins pas le rêve
Flots de brume émaillé de clarté
Mousse écume comme champagne rosé
Sèche plus sur rivage doré
Envole-moi à l'abri…
des surfaces moirées
N’éteins pas le rêve
A l’ombre du sommeil
se prélasser
Espionner ton visage
oublier regrets
Souffle repos paresse
s’abandonner
à la lueur du jour,
embraquer
Voiles blanches comme des ailes d’oiseaux
Endormie au bercement des flots
Bois de rose étincelles brillées
Envole-moi à l'abri…
des courants glacés
N’éteins pas le rêve
Mots Passants
Je souhaitais ce titre épuré, uniquement pour le piano, la voix et le synthé modulaire. Martin en a fait une véritable expérience sonore, sculptant ma voix, la dessinant en arabesques, la contorsionnant avec élégance. Le piano, lui aussi, suit son propre parcours. Il trouve une ampleur inédite, sublimée par une profondeur et une palette de nuances en constante évolution.
